[Jean-François Lapointe] fait rayonner sa voix de baryton avec force, puis y insère petit à petit des émotions plus fines au fur et à mesure qu’il est touché par l’attitude de Violetta, suivant parfaitement la complexité de la partition.
Jean-François Lapointe offre au père Giorgio Germont l’alliage de la présence scénique et de la sincérité émotionnelle et musicale. Sa voix large et puissante suit la dramaturgie dans ses inflexions. Si son émission est un peu épaisse et sombre, notamment dans son premier air, ses aspects plus déclamés épousent l’action, contrastant aussi par des piani qui s’accordent aux voix plus aériennes de ses deux partenaires en binômes. Il joue d’inflexions remarquées dans son grand air, sans rien perdre de sa palette dynamique, levant des applaudissements égaux à ceux de la diva.
Jean-François Lapointe en Giorgio Germont est l’autre grande figure de la soirée. Le Québecquois a tissé au fil des années un répertoire d’une grande richesse, nullement circonscrite aux rôles italiens. Et pourtant, à entendre son cantabile aux accents de bronze, la vaillance émergeant à dessein, on se dit qu’on tient en lui un vivant exemple de ces barytons-Verdi, qui ne sont plus si nombreux sur le circuit. Tout le deuxième acte, construit autour de son personnage, est un pur bonheur.
Jean-François Lapointe, baryton, est quant à lui époustouflant dans le rôle du père Germont – celui qui va précipiter le drame.
Laisser un commentaire