Carmen, Opéra de Marseille, février 2023

5 mars 2023 by admin

[Escamillo] Ce dernier accouru dans ce même lieu, rendez-vous du quadrille amoureux et des contrebandiers, est noblement incarné par Jean-François Lapointe, allure, figure, prestance, galant et élégant, modèle de diction. Son air fameux, « Toréador… », on sait que Bizet le tenait en piètre estime, qu’on lui avait apparemment imposé. Avec la habanera à la musique empruntée à Iradier, c’est l’autre air archi connu de Carmen, et pourtant le plus mal écrit : aigus éclatants haut perchés et graves gravement compromis par cette tessiture acrobatique. Les barytons, en général, choisissent rarement le bas et privilégient en général le haut, plus spectaculaire. C’est le choix de Lapointe, qui atteint prudemment sa limite grave mais laisse tout le jaillissement vocal de vaillance, d’insolence, à la partie, haute, hautaine et lumineuse du personnage, qui n’a pas besoin du ridicule et féminin « costume de lumière » pour briller virilement. N’était-ce notre aversion pour la corrida, il nous ferait aimer, au moins, ce personnage chevaleresque réduit, par profession, à faire le boucher.

Benito Pelegrín, RMT-News, 4 mars 2023

Jean-François Lapointe a souvent incarné Escamillo : il lui prête, outre son timbre toujours aussi chaud, une pointe de mélancolie venue sans doute de son plus grand âge. Comme lui, nous nous plongeons dans cette histoire qui, à défaut de nous surprendre, saura toujours nous charmer.

Suzanne Canessa, Zébuline, 2 mars 2023

Le rôle d’Escamillo, le toréador, échoit à Jean-François Lapointe. Sa voix ample de baryton, projetée, au phrasé soigné, possède un médium éclatant et des aigus brillants, qui confèrent charme et autorité à ce séducteur.

Odile Rambaud, Olyrix, 28 février 2023

Il y a onze ans, dans la dernière production de Carmen présentée à Marseille, Jean-François Lapointe incarnait déjà Escamillo. Du toréador, il maitrise incontestablement le charisme latin, le port de tête altier et l’art de manier la navaja dans le duel qui l’oppose à José à la fin de l’acte des contrebandiers. Musicalement, son interprétation offre elle-aussi de beaux moments : la fin du troisième acte le révèle fin diseur, le medium solide et le souffle long. Les couplets du toast en revanche s’avèrent plus problématiques : si le timbre est chaleureux, la diction élégante et les aigus percutants, les notes les plus graves sont systématiquement détimbrées et deviennent malheureusement inaudibles sous le flot de l’orchestre.

Nicolas Le Clerre, Première Loge, 21 février 2023

L’Escamillo du baryton Jean-François LAPOINTE est de grande étoffe . Apanage de son expérience, il « domine » par son naturel en scène et la puissance de sa voix, la distribution majoritairement de très haut vol .

L’artiste connaît le rôle dans ses moindres inflexions, il donne du relief à la moindre intention théâtrale et cela se ressent .

Le timbre chaud à l’impressionnante maîtrise technique lui assure une prestance idoine et naturelle à chacune de ses apparitions.

Emblématique du rôle d’Escamillo ( mais pas que, spectaculaire Pelléas aussi ) sur de nombreuses scènes du monde, c’est à croire que le toréador entre et sort de l’arène, mais qu’il n’est jamais bien loin de notre baryton québécois et national Jean François Lapointe, de surcroit ayant beaucoup chanté à Marseille.
A noter une diction irréprochable dans ses moindres accentuations du français et c’est peu de le dire .

Stéphane Sénéchal, ODB-Opéra, 18 février 2023

L’Escamillo de Jean-François Lapointe inspire davantage la tendresse que la déférence face à un torero flambeur. La voix est ronde, résolue. Dans « Votre toast », air aussi célèbre qu’ardu, les graves sont passés avec réserve mais justesse, tandis que les aigus revêtent un timbre martial. La spontanéité lumineuse de son toréador brillera en particulier lors du duo avec José dans l’acte III.

Paul Canessa, Olyrix, 17 février 2023

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